UNE VÉRITABLE FEUILLE DE ROUTE POUR L’ÉCOSYSTÈME DES VÉHICULES CONNECTÉS
Enfin, l’obligation ne s’arrête pas à contrôler les fournisseurs mais également à s’assurer que les exigences du règlement soit respectées au regard de « toutes les interactions avec tout système externe » : l’environnement global du véhicule est donc à prendre en compte c'est-à-dire les infrastructures routières, les systèmes de communication et les réseaux et plus globalement ce que couvre l’acronyme V2X (Vehicle to Everything) : tout l’écosystème du véhicule connecté est ici une composante de la cybersécurité du véhicule.
En édictant des règles d’homologation des véhicules, l’ONU émet en réalité une véritable feuille de route pour tout l’écosystème des véhicules connectés et autonomes, mettant à la charge des constructeurs la vérification de la compatibilité de l’ensemble ou des composantes prises individuellement avec le véhicule connecté ou autonome qui se retrouve être le barycentre de l’écosystème.
DÉLAI DE GRÂCE OU HOMOLOGATION AU RABAIS ?
Si certains constructeurs ont déjà annoncé se plier aux procédures d’homologation dès 2021, d’aucun d’entre nous furent immédiatement subjugués par l’avance prise par ceux-ci, notamment japonais, dont on pouvait alors penser qu’ils étaient d’ores et déjà en mesure de répondre in extenso aux dispositions du règlement.
Or il apparaît qu’en réalité, l’homologation pourra être obtenue pour les demandes formalisées avant 2024 dont il ressortirait que la cybersécurité « a été dûment prise en compte pendant la phase de développement du type de véhicule en question ». On retrouve une nouvelle fois le concept de « security by design ».
Dès lors, il suffira simplement au constructeur de déclarer avoir pris en compte la composante cybersécurité pour obtenir le certificat relatif au Système de gestion de la cybersécurité !!
Il est vrai qu’ici, la prime à l’entrant sera immédiatement colossale et justifie ce qui est en réalité un effet d’annonce si l’on prend un peu de recul sur la finalité du Règlement.
Il est également vrai que cette homologation est accordée pour 3 ans et qu’elle devra ensuite être renouvelée, procédure au sein de laquelle il devra alors être effectivement démontré, qu’à cette nouvelle date (2024 donc), la cybersécurité du véhicule est effectivement traitée conformément aux exigences du Règlement.
Jean-François MENIER
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